jeudi 4 août 2016

BD NEWS 04 - JEAN LECLERCQ



Ce texte est la version originale avant reliftage sauvage de mes vénérés rédac'chefs de BD NEWS.
Bd news est une gazette au ton décalé et comique incluse dans Fluide glacial.
Elle est dirigé par Cizo et Felder.

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Attention ! Révélation majeure, d'un artiste qui je pense, j'espère devrait devenir connu assez vite.



JEAN LECLERCQ

La ’S’ grand atelier est une association belge qui accueille les personnes mentalement déficientes. Elle fourni un cadre de création avec des bonne conditions de travail pour qu’ils puissent dessiner, peindre, sculpter, graver, sérigraphier et faire de la musique. Cet environnement a permis de faire éclore des talents singuliers comme Eric Dekenne ou Marcel Schmitz pour citer les plus connus. La ’S’ propose aussi de nombreuse résidences avec des artistes venus de l’extérieur. Elle organise un brassage de toutes les pratiques contemporaines et confronte ses résidents à l’art de notre époque dans ses aspects les plus divers. Ce qui a permis produire des collaborations remarquées entre ses artistes et des intervenants extérieurs : Photographe, Graphiste, dessinateur, auteur de bd,…

Si je décris ce cadre c’est qu’il me semble important de comprendre pourquoi un travail comme celui de Jean Leclercq peut être repéré ici, alors qu’il échappe à bon nombre de critères synonymes de qualité dans le monde de l’art. La culture est la bienveillance des gens qui dirige cet atelier sont des éléments essentiels qui permettent à une œuvre comme la sienne d’émerger.

Né en 1951 Jean Leclercq, commence à dessiner en 2003 et  fréquente la ’S’ de manière hebdomadaire depuis 2008. Régulièrement Il débarque avec un sac poubelle rempli d’images qu’il réalise chez lui. De grandes reproductions de case de bd exécutées approximativement mais avec un trait énergique. Il copie les cases de Tintin, Mickey, Bon et Bobette, Astérix, Blake et Mortimer, Michel Vaillant et beaucoup d’autres. Il se procure aux puces des albums qu’il va observer longtemps sans les lire. Non pas qu’il ne sache pas lire, mais c’est plutôt que les histoires contenu dans ses Bd ne l’intéresse plus, bien qu’il les ai lu dans son enfance. Il scrute l’album pour en extraire les cases qui lui plaisent. Il n’aime pas que ce soit trop dur à dessiner, il choisit des choses simple « Ça je sais faire !» dit-il. Il va les reproduire en grand, (A3 voir plus). Il les redessine sur des support qu’il a sous la main et comme il semble vouloir avant tout remplir  sa feuille en entier,  il transforme la composition si c’est nécessaire. La case devient plus large ou plus haute. Il va copier une case horizontale, sur un format verticale et va se rendre compte qu’il y a un large espace vide. Peu importe il va le combler avec de la couleur. Il n'hésite pas à distendre la case.
Il dessine souvent les bulles trop loin des personnages. Ces bulles mal placés créent des espaces vides étranges dans la composition. Son approche est à tâtons,  il trouve des solutions basiques au problème de composition qui se présente. Cette méthode de travail enfantine lui permet de créer de images ou les erreurs sont comme de partis pris bizarres. Ces maladresses donnent des compositions surprenantes. J’y vois des cases, de bd mutantes qui se libèrent de leur fonction narrative initiale. Ce coté bien pensé, bien structuré est remplacé par une vision poétique ou absurde de l’espace. Ce savoir faire est remplacé par un savoir mal faire.

Jean Leclercg est obsédé par ce robinet d’image qu’est la bande dessiné. Pour lui c’est une matière graphique omniprésente, importante qu’il ré-interprète à sa sauce. On pourrait y voir une version naïve du Pop art. C'est tentant mais trop inexact. Il ne cherche pas à produire des images iconiques. Je crois que c’est avant tout un rapport intime à cet art qui l’anime. Rapport intime que beaucoup d’entre nous connaissent bien. C’est ce qui nous touche dans son travail , et c’est beau de rafraîchir son propre regard sur la bd  à travers ce travail qui proposent en même temps un hommage sincère et une déconstruction comique de cet art.

Une exposition lui sera consacré à paris en octobre organise par le festival fanzine. Plus de news bien tôt.

lasgrandatelier.be

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Grand merci à Erwin Dejasse pour son aide.

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Jean Leclercq a beaucoup puisé dans l’album de Tintin en amérique. Voici quelques compositions particulièrement réussies.


















lundi 11 juillet 2016

BD NEWS 03 - LUSH



Ce texte est la version originale avant reliftage marrant par mon vénéré rédac'chef de BD NEWS.

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LUSH

Ce graffeur australien s’est fait connaître sur le net grâce à son humour trash et sa liberté de ton qui emmerde les convenances. Provocation, non-sens et critique acerbe des codes du graffiti sont les éléments clés de son travail. Il ne respecte rien ni personne et pratique le vandalisme propre au graffiti avec une fougue permanente. « Le premier trou du cul » du graffiti comme il se définit a pour but premier de ne pas s’ennuyer. Tout ce qui lui passe par la tête il l’essaye. Sa production est soutenue et les idées délirantes se succèdent. Il multiplie les vidéos ou il se met en scène, il imagine le graffiti sans les bombes, ou comment s’enfuir en overboard quand les flic débarquent, comment imiter le style de graffeurs connus, il s’amuse à dégrader ses propres graff en détruisant le mur à la pioche ou en les brulant. Il demanda à sa mère de faire un graff, peint un mur déguisé en bite géante ou vêtu d’une Burqua, tague sur les gens, ou utilise une fille nue comme esclave pour peindre à sa place (mais pas sa mère). Il vide une bouteille de champagne dans un seau de peinture avant de graffer et surtout Il aime faire poser des actrices pornos devant ses œuvres. Il  cultive une image de type pas fréquentable. Une de ses marque de fabrique, c’est les graffiti figuratifs avec des lettres qui utilisent des éléments trash (grosses bites, joints, viscères, licornes qui s’enculent). Il n’hésite pas plonger dans la vulgarité pour produire des images saisissantes. Plus le graffiti est dégueulasse plus l’acte vandale est fort.  Il impose son style débridé en très grand sur les murs et les réseaux sociaux. Car internet lui sert de caisse de résonance, quand il n’est pas censuré. Il faut connecter ses productions foutraques entre elles et comprendre à quel point sa démarche est cohérente. Derrière son regard ironique on peut y voir un discours sur le graffiti, une critique du conformisme ambiant. 



Je le qualifierai de Méta graffeur. Commentateur permanent du graffiti questionnant avec humour le statut de cette pratique. Rejetant tout intellectualisme, toujours hargneux, il répond avec désinvolture à certaines des question que je lui ai posé par mail.




J'ai laissé ses réponses en anglais. Certaines choses ne sont pas évidentes à traduire


Depuis combien de temps tu fais du graffiti ?

In dog years that would be a total of 87.

Si on compte en années de chien ça fait 87 ans.

Est-ce que tu peux me parler un peu de la scène graffiti en Australie ?

People come out of their property you are vandalizing and offer you a beer or a coffee then talk about how good street art is.

Les gens sortent des maisons que je suis en train de vandaliser et ils t'offrent une bière ou un café et te racontent à quel point le street art c'est cool. 



Tu as fait une école d’art ? Il me semble que ce n’est pas trop ton truc ?

I'm not much for flushing cold hard cash down the toilet. It would be the equivalent to going to an art school. Also I'm not some leftist scab either who wants to pass off her used toilet paper collage as "Art".
Je ne suis pas trop pour l’idée jeter du pognon durement gagné dans les chiottes et tirer la chasse. Pour moi aller dans une école ça équivaut à ça.
Et je suis pas un abruti de bobo gauchiste qui cherche à faire passer son papier cul usagé pour de l’art.



Comment tu vois Le graffiti originel, celui de New York ?

I see the original graffiti art from Pompeii as being more relevant then the whole wicky wicky hippity hoppity subway art thing from New york. 

Je pense que les graffiti de Pompei sont beaucoup plus pertinents que toutes ces conneries funky underground du métro du métro new-yorkais.



Le crew tchèque CAP est assez important pour beaucoup de graffeurs de la nouvelle scène, particulièrement en France. Tu connais leur travail ? Est-ce que ça a pu être une source d’inspiration pour toi ?
I've seen their work in passing but I don't follow them. I like Rap U.V and Caster from Sweden way more if you want to bring up ignorant style stuff.
 
J’ai vu leur travail passer mais c’est pas un truc que je suis. Si on parle de style « Ignorant » je préfère RAP U.V. et CASTER, un suédois.


J’ai l’impression que tu t’intéresse moins au dessin de la lettre. Dans tes graffitis tu utilise beaucoup d’éléments figuratifs : grosse bites, gros cul, vagin, des licornes qui s’enculent. Est-ce que tu as toujours besoin d’avoir un sens dans ton travail et du coup est-ce que ça doit passer par des éléments figuratifs ?

I did have a lot of nastier stuff but social media is this day and age is ruthless with censoring this kind of thing. Takes the fun out of it a bit.

J’ai des trucs encore plus sales mais avec les médias sociaux maintenant c’est compliqué. Ils censurent beaucoup de choses. Ca retire pas mal du plaisir à les faire.
 


J’ai l’impression que tu ne cherches pas la beauté? Est-ce que la dégradation est plus intéressante si le graffiti est moche ?

I'm more concerned with having a laugh.
 
Mon but c’est surtout de me marrer.



La plupart des graffeur n’ont pas spécialement de choses à dire. Il s’agit surtout pour eux d’écrire son nom de manière intéressante. Toi c’est un peu l’inverse. Tu aimes bien dire des choses, ironiques souvent. Ton travail pour beaucoup est un commentaire sur le graffiti. C’est un peu du « meta graffiti ». Quand as tu compris que c’était plus pertinent de marquer autre chose que juste son nom ?

How many times can you write you name over and over. You should be able to get to a point where your style is even more recognizable then your name.

Combien de temps tu peux passer a écrire ton nom partout. A un moment il faut bien attendre un stade où ton style devient plus important que ton nom. 



Tu connais d’autres graffeurs qui pratiquent ce genre de commentaire. Est-ce qu’il y a d’autres meta graffeur comme toi ?

I only like Espo, Revs are the only graffiti writers I would ever rate. Meta or not.

J’aime seulement Espo ( Steben Powers) et Revs ( Todd James). C’est les seuls graffeurs que je pourrais citer. Méta ou pas.


Chez toi y’a une sorte de manque de respect assumé. Tu peux me dire quelle sont tes influences ou ton passif ? j’aimerais savoir d’où vient ce mauvais esprit ?

I wouldn't say a lack of respect, I'm just doing what I do. Fuck you if you get bent on it. 
Je ne dirais pas manque de respect. Je fais juste mon truc. Va te faire enculer si tu piges pas.


C’est important pour toi la street credibility ? Et que penses-tu de l’usage de la photo des graffitis sur internet ?

If you do anything outside of the Subway art mindset you instantly lose all your "street cred" but that shit don't pay the gas bill and I'm not a fucken sheep either. I have to do whatever it is I feel the need to do and what some sixteen year old toy thinks of my work has little consequence to me now days. I want people to use my photos.
Si tu fais quelque chose en dehors du monde de l'art du métro, tu la perds de toute façon, ta "street cred".  Mais ce genre de truc ça aide pas trop à payer ton loyer et je ne suis pas un connard de mouton.  Donc je fais comme je le sens, et ce que des petits cons de 16 ans pensent de mon travail n’a plus aucune influence sur moi aujourd’hui. Je veux que les gens fassent circuler mes photos.

Tu aimes casser les règles du graffiti ?

You'd think it was about breaking the rules but graffiti has too many fucking rules now that's why I do whatever I want to do with it instead of following those rules.

Non, il ne s’agit pas de les casser. Il y beaucoup trop de putain de règles dans le graffiti. L’idée c’est plutôt de s’en foutre et de faire mon truc, sans en tenir compte.


Comment tu as eu l’idée de faire poser des filles nues devant tes graff et aussi de les faire peindre?

It's a pretty generic idea, it's just alot of fun to paint on naked women. Better then some stinking alleyway with a dead cat rotting away in it somewhere.

C’est une idée plutôt classique. C’est juste fun de peindre sur des femmes à poil. C’est mieux que de peindre dans une impasse avec un chat en train de pourrir dans un coin.

Tu les as baisées ?

I don't face fuck and tell.

Si je fait des gorges profondes je garde ça pour moi.  


Tu as demande au célèbre critique d’art Newyorkais Jerry Salts de t’envoyer un selfie de lui à poil pour le peindre sur un mur. Quelle idée tu veux faire passer derrière cette provocation ? Quelle connection cherches-tu à avoir avec le milieu de l’Art ?

One where people buy my work for insane amounts of money so I can fund even more insane ideas. All while coked out of my skull. Jerry Saltz is a pussy and wouldn't send nudes.

Je veux que les gens achètent mes œuvres pour des sommes délirantes, comme ça je peux avoir d’autres idées encore plus délirantes. Tout ça en me défonçant à la coke. Jerry Saltz est une couille molle. Il ne m'a pas envoyé de photos de lui à poil.

Finalement quel est ton propos. Faire rire les gens ? Les faire réfléchir sur comment les médias recrachent n’importe quoi juste pour distraire ls gens ? 

To obtain a 2016 Maserati and eventually move up from fucking instagram models and strippers to legit fashion models.

Pourvoir me payer une Maserati model 2016. Et au lieu de baiser le genre de  filles qu’on trouve sur instagram et des strip teaseuse, passer à d’authentiques top model.

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Merci Tommy pour l’aide sur la traduction,
Merci à Gsulf pour ses infos

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Le style volontairement « Vulgaire » de  Lush :









Lush cultive certaines références :





Des graffiti très « Méta »

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Fausse pub - Et si les graffeur soustraité leur production en Chine.

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Des Bulles pour faire de « belles » Photos





Lush n’hésite pas détériorer lui même ses propres graffitis:







Et toujours des graffiti très « Méta »













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dimanche 3 juillet 2016

10X10 - 3ÈME ÉDITION



Mercredi prochain, le 6 juillet à lieu la 3ème édition de l'expostion 10 X 10 organisée par l'équipe du festival Fanzines.

10 x 10 = 10. Plus de cent dessins de 10 x 10 cm à 10 euros !

On a reçu beaucoup de très bons dessins, et cette édition s'annonce comme excellente.
Ce projet constitue toujours un panorama très intéressant de la création actuelle. Et bonne nouvelle cette année ça part dans tous les sens.C'ets riche et varié.

C'est aussi et c'est primordiale, une soirée de soutien au festival Fanzines. Tous l'argent récolté par la venet des dessins sert à inviter les artistes, financer les expos ainsi qu ela com du festival. Les bénéfice généré par la vente de nourriture et de la bière, artisanale cette année, va aussi à Fanzine. Donc n'hésitez pas à boire, manger et invitez vos amis pour qu'il puisse eux aussi acheter des dessins.
Attention il a un Mode d’emploi pour acheter des dessins. Je vous invite à les consulter en ligne avant de venir. Comme ça vous serez pas déçu. C’est une organisation complexe et elle sont nécessaires.

Mode d’emploi et toutes les infos par ici

L’Ourcq Blanc
29 rue de l’Ourcq - Paris 19
M° Ourcq

fanzinesfestival.fr

Quelques dessins pour vous donner envie

Anouk Ricard



Lasse Wandschneider



Christian Auburn



Killoffer



Clemens Reinecke



Charline Colette



Aurélien Débat



Alice Meteignier



Jeremy Boulard Le Fur



Manon Cezaro



Obisk



Mini Fanzine de Matti - Exemplaire unique